Histoire de l’art · 2 min de lecture
Le manifeste de 1924 à l’origine du surréalisme et de ses peintures de rêve
Les montres molles et les rochers flottants viendront plus tard. Le surréalisme commence par des mots. Le 15 octobre 1924, le poète André Breton publie son Manifesto of Surrealism à Paris.1 Son idée centrale façonne encore notre manière d’imaginer les rêves.
Un manifeste pour libérer l’imagination
Le mot est plus ancien. Le poète Guillaume Apollinaire le forge en 1917. Breton en donne une définition : « automatisme psychique pur ».2 De nombreux surréalistes recourent à l’écriture et au dessin automatiques pour libérer des idées et des images venues de l’inconscient. D’autres cherchent à peindre des mondes de rêve.2
Le surréalisme naît dans le sillage de Dada et s’épanouit en Europe entre les deux guerres mondiales. Ses membres réagissent contre le « rationalisme », qu’ils rendent responsable des horreurs de la Première Guerre mondiale. S’inspirant de Sigmund Freud, Breton voit dans l’inconscient la source de l’imagination.3
« Une réalité absolue, une surréalité. »
André Breton, au sujet de la rencontre du rêve et de la vie éveillée, cité par l’Encyclopaedia Britannica
Des peintres du rêve bien avant 1924
La peinture surréaliste se tourne vers les images fantastiques et grotesques d’artistes plus anciens, comme Jérôme Bosch et Francisco Goya, et vers des figures plus proches, comme Odilon Redon, Giorgio de Chirico et Marc Chagall.3



La célèbre estampe de Goya, réalisée en 1799, montre ce qui arrive quand la raison s’absente. Des chouettes et des chauves-souris s’élèvent au-dessus de l’artiste endormi.4 Un siècle plus tard, Redon peuple ses dessins au fusain et ses lithographies de visions oniriques. Il les appelle ses « noirs ».5
Deux façons de peindre un rêve
Britannica distingue deux tendances. D’un côté, des artistes comme Jean Arp, Max Ernst, André Masson et Joan Miró créent des formes évocatrices, souvent organiques, qui laissent le regardeur faire ses propres associations.3
De l’autre, René Magritte, Salvador Dalí et Paul Delvaux peignent des choses reconnaissables avec beaucoup de réalisme, puis les placent dans des situations qui défient la logique. Chez Magritte, un œil humain nous fixe ainsi au milieu d’une simple tranche de jambon.3 C’est surtout cette seconde approche qu’on évoque aujourd’hui quand on dit « surréaliste ».
Elle s’inscrit dans l’histoire plus large de l’art moderne, qui avait déjà donné naissance aux premières peintures abstraites.

Un rêve au mur
Les images surréalistes trouvent leur place là où l’esprit peut vagabonder, dans un coin lecture, une chambre ou un bureau calme.
Gardez le reste de la pièce simple et paisible. L’étrangeté de l’image suffit.
Les toiles de cet article
Rêves éveillés
Quatre toiles oniriques où l’impossible paraît réel.



