Artistes · 4 min de lecture
Raphaël, le peintre que tout le monde voulait imiter
Raphaël meurt le 6 avril 1520, jour de ses trente-sept ans. À Rome, on le connaît déjà comme le « prince des peintres ». Il travaille à peine vingt ans, mais ses madones et ses fresques du Vatican deviennent des modèles que les peintres imitent pendant des siècles.
Un fils de peintre à Urbino
Raphaël naît à Urbino, dans le centre de l’Italie, le 6 avril 1483. Son père, Giovanni Santi, est un peintre que le biographe Giorgio Vasari juge « sans grand mérite ». C’est pourtant un homme cultivé dans l’une des cours les plus brillantes du temps.1
Sous le duc Federico da Montefeltro, Urbino reçoit Bramante, Piero della Francesca et Leon Battista Alberti. Giovanni donne à son fils ses premières leçons de peinture. Raphaël perd sa mère en 1491, puis son père en 1494, à onze ans.1
« Maître » à dix-sept ans
Le premier document qui mentionne Raphaël comme peintre date du 10 décembre 1500. Le jeune artiste, déjà qualifié de « maître », est chargé d’aider à peindre un retable.1
Il se forme dans l’entourage de Pietro Perugino, le grand peintre de l’Ombrie. Il apprend de lui un style calme et doux et le goût d’une perspective lisible. Sa première œuvre importante, The Marriage of the Virgin (1504), s’inspire d’une fresque du Pérugin dans la chapelle Sixtine. Ses figures y sont pourtant déjà plus libres et plus vivantes que celles du maître.1
Florence, apprendre en regardant
À l’automne 1504, Raphaël est à Florence, attiré par ce qu’y font Léonard de Vinci et Michel-Ange. Il étudie leurs œuvres de si près que Britannica les appelle ses « principaux maîtres » à Florence.1
De Léonard, il retient la composition en pyramide, avec des figures réunies en un triangle stable, et les transitions douces du sfumato. On les voit dans ses madones peintes entre 1505 et 1507, comme Madonna of the Goldfinch et La Belle Jardinière. De Michel-Ange, il apprend ce que le corps humain peut exprimer.1
Raphaël cherche toutefois une autre voie, plus calme et plus ouverte, dans un style accessible à tous.1

Rome, 1508
Vers la fin de 1508, le pape Jules II appelle Raphaël à Rome, sur le conseil de l’architecte Bramante. Encore peu connu dans la ville, il impressionne vite le pape et sa cour. Sa réputation grandit de jour en jour.1
Sa première tâche consiste à peindre une suite de pièces dans les appartements privés du pape. On les appelle aujourd’hui simplement les Stanze, les chambres.1

The School of Athens
C’est son tableau le plus célèbre et l’une des grandes images de la Renaissance. Sous de vastes arches, les philosophes antiques se réunissent autour de deux figures centrales : Platon, qui montre le ciel, et Aristote.1, 2
L’architecture s’inspire des plans de Bramante pour la nouvelle basilique Saint-Pierre.2 Raphaël glisse des personnes réelles parmi les Grecs anciens :
Héraclite, l’homme pensif appuyé sur un bloc de marbre au premier plan, est un portrait de Michel-Ange, qui peint alors le plafond de la chapelle Sixtine dans le même palais.1, 2
Tout à droite, un jeune homme au béret noir nous regarde droit dans les yeux. C’est Raphaël lui-même.2
« L’effet général de la fresque est d’un calme, d’une clarté et d’un équilibre majestueux. »
Encyclopaedia Britannica, au sujet de The School of Athens
Un homme aux multiples fonctions
À Rome, Raphaël fait bien plus que peindre. En 1514, le pape Léon X le fait travailler à la basilique Saint-Pierre. À la mort de Bramante, plus tard la même année, Raphaël prend la direction du chantier.1
En 1515, on le charge de veiller sur les inscriptions anciennes. Deux ans plus tard, il devient commissaire aux antiquités de Rome et dresse une carte archéologique de la ville.1
Il devient aussi le principal portraitiste de Rome et dessine dix grandes tapisseries pour les murs de la chapelle Sixtine. Elles y sont accrochées en 1519.1



Pourquoi tant de peintres l’ont imité
Ses figures sont lisibles, équilibrées et gracieuses. Leurs gestes et leurs visages racontent l’histoire sans paroles.
Les cartons qu’il dessine pour les tapisseries de la Sixtine, des dessins à taille réelle montrant la vie des saints Pierre et Paul, servent de modèles à la peinture d’histoire européenne pendant des siècles.1
Le dernier retable
Sa dernière grande œuvre est The Transfiguration, un immense retable commandé en 1517. L’œuvre est encore inachevée lorsqu’il meurt, quelques jours après avoir pris de la fièvre, le jour de ses trente-sept ans.1
Le tableau est placé à la tête de son cercueil pendant les funérailles. Son assistant Giulio Romano le termine. Raphaël est enterré au Panthéon, l’ancien temple au cœur de Rome.1
Pour rencontrer le maître plus âgé auprès de qui il a tant appris, lisez Léonard de Vinci, le génie qui laissait des œuvres inachevées.
Les toiles de cet article
Florence, où il s’est formé
Dômes, tours et lumière toscane. Quatre toiles de la ville qui l’a formé.



