Artistes · 3 min de lecture
Pieter Bruegel l’Ancien : scènes paysannes, proverbes et neige
Des chasseurs rentrent péniblement dans la neige. Des moissonneurs font la sieste sous la chaleur du mois d’août. Tout un village joue les proverbes à la lettre. Mort à Bruxelles en septembre 1569, Pieter Bruegel l’Ancien a peint les gens ordinaires avec un esprit et une tendresse qui n’avaient pas de précédent.
Un peintre qu’on connaît par ses tableaux
On sait très peu de choses de la vie de Bruegel. Il naît vers 1525, probablement près de Breda. D’après un livre sur les peintres paru en 1604, il se forme auprès de Pieter Coecke van Aelst, une figure de premier plan à Anvers.1
Il signe et date beaucoup de ses œuvres, ce qui permet de suivre sa carrière tableau après tableau. Pour Britannica, c’est le plus grand peintre flamand du XVIᵉ siècle, connu pour ses paysages et ses scènes de vie paysanne, vigoureuses et souvent pleines d’esprit.1
Des Alpes à l’influence de Bosch
Vers 1551–1552, Bruegel voyage en Italie jusqu’en Sicile. Il vit à Rome en 1553. La traversée des Alpes le marque profondément. Ses dessins de haute montagne ont peu d’équivalents dans l’art européen.1
De retour à Anvers, il dessine des estampes pour l’éditeur Hieronymus Cock. Beaucoup sont satiriques et moralisatrices, dans la veine fantastique de Jérôme Bosch, alors très en vogue. Bruegel dépasse bientôt l’imitation.1

Dans Les Proverbes flamands, des dizaines de dictons prennent vie, au pied de la lettre, à l’échelle d’un village. C’est un jeu d’observation auquel on peut encore consacrer une longue visite.
Les saisons
En 1563, Bruegel épouse Mayken, la fille de son maître, et s’installe à Bruxelles. Il y peint ses plus grands tableaux, la plupart pour des collectionneurs. En 1566, le collectionneur anversois Niclaes Jonghelinck possède déjà seize de ses œuvres.1
Le tableau Les Moissonneurs, conservé au Met, faisait partie d’un cycle de six tableaux sur les saisons. Un marchand d’Anvers l’avait commandé pour la salle à manger de sa maison de campagne. Dans la chaleur assoupissante de juillet ou d’août, on coupe le blé, on cueille des pommes et on se repose à l’ombre. Le Met souligne le regard bienveillant mais idéalisé porté sur les paysans. La dureté des travaux agricoles est atténuée pour plaire à un riche commanditaire de la ville.2


Peint la même année, le tableau Chasseurs dans la neige nous emmène à l’autre bout du calendrier. Des chasseurs fatigués et leurs chiens descendent vers une vallée gelée où l’on patine. Mis côte à côte, l’été et l’hiver montrent tout ce que Bruegel raconte par le paysage lui-même, auquel Britannica attribue souvent une part du sens de l’œuvre.1
Une dynastie de peintres
Dans un hommage resté célèbre, l’un de ses mécènes, le géographe Abraham Ortelius, le qualifie d’artiste le plus accompli du siècle. Par ses fils Pieter et Jan, Bruegel est à l’origine d’une dynastie de peintres qui se poursuit jusqu’au XVIIIᵉ siècle.1

L’hiver au mur
À la maison, les paysages enneigés donnent une impression de chaleur inattendue. Associés au bois, à la laine et à un foyer, ils rendent la pièce encore plus douillette.
Comme dans les saisons de Bruegel, il suffit de changer une toile pour renouveler l’ambiance au fil de l’année.
Les toiles de cet article
Paysages d’hiver
Quatre toiles de neige, de glace et de lumière douce.



