Artistes · 3 min de lecture
Michel-Ange, le sculpteur qui ne voulait pas peindre un plafond
Le monde connaît Michel-Ange pour un plafond peint. Lui se voyait d’abord comme sculpteur. Né le 6 mars 1475, il travaille le marbre toute sa vie et ne se consacre aux autres arts qu’à certaines périodes.1

Une vie célèbre et bien documentée
Michel-Ange est le premier artiste occidental dont la biographie paraît de son vivant. Il en paraît même deux, concurrentes. Les Vies de Giorgio Vasari, parues en 1550, s’achèvent sur lui et le présentent comme le sommet de l’art. Insatisfait, Michel-Ange demande à son assistant Ascanio Condivi d’en rédiger une autre, publiée en 1553.1
Ce portrait de son disciple Daniele da Volterra le montre vers l’âge de soixante-dix ans.2
Florence et les Médicis
Il naît à Caprese, où son père exerce brièvement une fonction administrative locale. Sa famille appartient à la petite noblesse florentine et a perdu sa fortune. Devenir artiste représente alors un déclassement. À 13 ans, il entre pour trois ans en apprentissage chez Domenico Ghirlandaio, le principal peintre de Florence. Il part après un an, estimant, selon Condivi, n’avoir plus rien à apprendre.1
Laurent de Médicis, qui dirige la ville, le prend sous son aile. Le jeune sculpteur a surtout accès à la collection des Médicis, composée en grande partie de fragments de statues romaines antiques.1
Deux prodiges de marbre
La Pietà, commandée en 1498 par un cardinal français, lui pose un défi rare. Il doit sculpter deux figures, la Vierge et le Christ mort, dans un seul bloc. Il en fait un ensemble dense et compact, jouant sur les contrastes entre homme et femme, vêtement et nudité, mort et vie.1
Le David, commandé en 1501 pour la cathédrale de Florence, est taillé dans un bloc laissé inachevé une quarantaine d’années plus tôt. Une légère courbe en S donne vie au géant. La statue est si admirée qu’on l’installe devant l’hôtel de ville comme symbole de la République florentine, alors qu’elle était destinée au toit de la cathédrale. L’original se trouve aujourd’hui à la Galleria dell’Accademia.1
« Il faut avoir le compas dans les yeux plutôt qu’à la main, car les mains exécutent et l’œil juge. »
Michel-Ange, cité par The Metropolitan Museum of Art


Son seul tableau de chevalet
Le tableau rond La Sainte Famille, peint pour la famille Doni, est le seul tableau de chevalet de Michel-Ange.1 Ses figures imbriquées trahissent sa fascination pour Léonard de Vinci, revenu à Florence en 1500. Michel-Ange a toujours nié avoir été influencé par qui que ce soit, mais les spécialistes considèrent Léonard comme l’influence extérieure la plus forte sur son art.1
Il garde toutefois sa propre voix, associant la manière de Léonard de montrer le mouvement à son propre sens du poids et de la force.1
Un tombeau, puis un plafond
En 1505, le pape Jules II le fait venir à Rome pour concevoir son tombeau. Le projet prévoit un monument indépendant sur trois niveaux, avec peut-être jusqu’à quarante-sept grandes figures de marbre. Les interruptions se succèdent.2 Le pape lui confie à la place le plafond de la chapelle Sixtine. Michel-Ange juge le premier projet « bien pauvre » et obtient la permission de concevoir le sien.3 Retrouvez cette histoire dans La Création d’Adam.
Dès la fin de 1508, à quelques pas de là, le jeune Raphaël peint les appartements privés du pape pour le même commanditaire.

Une présence sculpturale à la maison
Les images sculpturales, les visages puissants et les corps héroïques demandent un décor calme. La pierre claire, le marbre et les tons de plâtre laissent ressortir leur force.
Donnez-leur de la hauteur. Accrochées légèrement au-dessus du regard, dans un couloir ou un escalier, ces images évoquent des statues dans une niche.
Les toiles de cet article
Figures héroïques
Quatre toiles qui ont la force d’une sculpture.



