Artistes · 3 min de lecture
Albrecht Dürer, l’artiste qui s’est mis au centre du tableau
À 13 ans, il dessine son propre visage. À 28 ans, il se peint sous des traits qui évoquent le Christ. Mort à Nuremberg le 6 avril 1528, Albrecht Dürer se place au cœur de son art comme aucun peintre avant lui et fait de l’estampe un art à part entière.
Un fils d’orfèvre
Dürer naît à Nuremberg le 21 mai 1471. Son père, orfèvre, vient de Hongrie. Il apprend d’abord le dessin dans l’atelier familial. Un autoportrait qu’il réalise en 1484, à 13 ans, révèle déjà sa précocité.1
En 1486, il entre en apprentissage auprès du peintre et illustrateur sur bois Michael Wolgemut. Il voyage ensuite plusieurs années comme compagnon avant de rentrer à Nuremberg en 1494.1 Nuremberg est alors l’un des grands centres artistiques et commerciaux d’Europe.2

Les autoportraits
Dürer se peint et se dessine à maintes reprises. En 1498, il se représente en jeune homme élégant et séduisant. En 1500, il se donne des traits flatteurs qui évoquent le Christ.1
Le Met voit dans ces images un maître accompli et sûr de lui, désireux d’affirmer son génie créateur et sa noblesse propre.2
Le graveur qui a transformé l’estampe
Dürer marque d’abord l’art par ses estampes, et c’est probablement là que son influence est la plus forte. Le Met lui attribue la transformation du médium en art autonome, avec une gamme de tons et une intensité dramatique nouvelles.2
À 30 ans, il a achevé ou entrepris trois séries célèbres de gravures sur bois, à commencer par L’Apocalypse de 1498.2 Ses estampes circulent largement. Son œuvre graphique finit par influencer l’art de la Renaissance italienne qui l’avait d’abord inspiré.1


Mesurer le corps idéal
Toute sa vie, Dürer est fasciné par l’idée que la forme humaine idéale obéit à un système de proportions. Dans Adam et Ève, les deux figures adoptent des poses idéalisées, presque symétriques. Adam rappelle l’antique Apollon du Belvédère.3
Observez les détails. La peau, le pelage, l’écorce et les feuilles sont rendus chacun à leur manière. Quatre animaux représentent les quatre tempéraments médiévaux. Le chat est colérique, le lapin sanguin, le bœuf flegmatique et l’élan mélancolique.3 Dürer expose ensuite ses théories dans des ouvrages, dont les Quatre livres sur les proportions humaines, parus en 1528, peu après sa mort.3
L’Italie, les empereurs et Érasme
Plus que tout autre artiste du nord de l’Europe, Dürer est attiré par l’Italie, où il se rend à deux reprises.2 Il devient artiste officiel à la cour des empereurs Maximilien Iᵉʳ et Charles Quint et réalise le portrait de savants comme Érasme.2
Il peint aussi la nature avec l’œil d’un scientifique, comme le montre son célèbre Jeune Lièvre. Ses paysages des Alpes à l’aquarelle comptent parmi ses plus belles créations.1
« Tout ce qu’Albrecht Dürer avait de mortel repose sous ce tertre. »
Épitaphe de Dürer, citée par The Metropolitan Museum of Art

Des détails à regarder de près
Les portraits d’animaux aux détails fins récompensent l’attention. Accrochez-les dans un endroit où l’on ralentit, comme un couloir, une bibliothèque ou près d’un fauteuil de lecture.
Les murs clairs et le bois naturel font ressortir chaque poil et chaque plume.
Les toiles de cet article
Animaux à l’aquarelle
Quatre toiles d’animaux aux détails soignés dans un style aquarelle.



