Chefs-d’œuvre · 3 min de lecture
Las Meninas, le tableau qui vous regarde
juin 2024
Écouter l’article4 min
Au premier regard, c’est le portrait d’une petite princesse et de son entourage. Puis on remarque le peintre qui nous regarde droit dans les yeux, et le roi et la reine dans un miroir. Peu de tableaux ont suscité autant de débats que Las Meninas.

Un tableau sur la peinture
Diego Velázquez peint cette toile en 1656 pour Philippe IV d’Espagne. Elle a les dimensions et la dignité d’un portrait royal. Reste à savoir de qui elle fait le portrait.1
C’est pourquoi on l’appelle souvent « un tableau sur la peinture ». Britannica la compte parmi les œuvres les plus importantes de la peinture occidentale.1
Où sommes-nous?
Velázquez se représente au travail dans son atelier de l’Alcázar, le palais royal de Madrid. Il semble peindre le roi et la reine, qui posent devant lui, à l’endroit où nous nous trouvons. On ne les voit que dans le miroir.1
La petite princesse paraît surprise par l’arrivée de ses parents dans la pièce. Le regardeur se trouve ainsi entraîné dans le tableau, à la même place que le couple royal.1 La scène paraît spontanée. Velázquez la construit pourtant avec une connaissance approfondie de la perspective, de la géométrie et de l’illusion optique.1


Reculez et la scène s’anime
De près, une grande partie du tableau n’est qu’une succession de touches rapides. En reculant, on les voit se fondre en soie, en cheveux et en lumière.1 C’est le pinceau libre et fluide des dernières années de Velázquez.
Peintre du roi
Velázquez est baptisé à Séville le 6 juin 1599 et meurt à Madrid le 6 août 1660. On le considère comme le plus important peintre espagnol du XVIIᵉ siècle.2 Il passe l’essentiel de sa carrière comme peintre à la cour de Philippe IV, à Madrid.1, 2
Britannica le compte parmi les nombreux peintres marqués par le Caravage, l’Italien qui a changé la façon dont les artistes européens employaient la lumière et l’ombre.4

Le portrait qui a fait taire Rome
Entre 1649 et 1651, Velázquez voyage en Italie avec Juan de Pareja, un homme d’ascendance africaine né dans le sud de l’Espagne et maintenu en esclavage dans son atelier et sa maison pendant au moins vingt ans.5
À Rome, Velázquez expose ce portrait. Une ancienne biographie rapporte que ses amis « restèrent à regarder le portrait avec admiration et étonnement ». Quelques mois plus tard, Velázquez signe les actes qui doivent libérer Pareja en 1654. Pareja mène ensuite sa propre carrière de peintre à Madrid.5
D’autres peintres lui répondent
Las Meninas fascine les artistes depuis sa création. Édouard Manet est particulièrement attiré par ses touches, ses personnages et son jeu de lumière et d’ombre.1
À Cannes, de la fin de l’été à décembre 1957, Pablo Picasso en peint des variations. Il donnera ensuite la série entière au Museu Picasso de Barcelone, où on peut toujours la voir réunie.3

Le chien au premier plan
Dans un tableau plein de regards, de gestes et de miroirs, un personnage reste parfaitement indifférent. C’est le grand chien étendu au premier plan.
Un portrait de chien apporte ce même calme à une pièce. Accrochez-le bas, près d’un fauteuil ou au-dessus d’un banc, pour croiser son regard à hauteur des yeux.
Les toiles de cet article
De fidèles compagnons
Quatre portraits de chiens, du fusain discret aux couleurs douces.



