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Édouard Manet, le peintre qui a ouvert la voie à l’art moderne

janvier 2025

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La toile Dusk over Paris de Casopra sur un mur vert foncé au-dessus d’une banquette, dans une salle à manger de style bistrot parisien

Né à Paris le 23 janvier 1832, Édouard Manet souhaite avant tout réussir au Salon officiel. Il y provoque plutôt scandale sur scandale et devient le peintre que les jeunes impressionnistes admirent.

Peintre par obstination

Son père veut qu’il étudie le droit. Édouard refuse, et son père refuse à son tour qu’il devienne peintre. Il tente alors le concours de l’école navale, échoue et embarque comme apprenti pilote sur un navire de transport. Après un second échec en 1849, ses parents cèdent enfin.1

Il se forme six ans auprès du peintre classique Thomas Couture. Au Louvre, il copie le Titien et Velázquez.1 La peinture espagnole continue de l’influencer. Son tableau Spanish Singer remporte un franc succès au Salon de 1861.1

Henri Fantin-Latour, portrait of Édouard Manet, 1867
Henri Fantin-Latour, Édouard Manet, 1867. Art Institute of Chicago. Domaine public, via Wikimedia Commons.

Un peintre de son temps

Son ami, le poète Charles Baudelaire, l’encourage à regarder la vie moderne. Music in the Tuileries Gardens (1862), peint en plein air, rassemble dans une toile le Paris élégant du Second Empire.1

La révolution de Manet tient à ses sujets pris dans la vie de son temps, peints avec une technique qui rompt avec la tradition.1

1863, le Salon des Refusés

Le jury du Salon officiel rejette son grand tableau Le Déjeuner sur l'herbe. Il le montre donc au Salon des Refusés, créé pour les nombreuses œuvres rejetées.1

La composition emprunte aux maîtres anciens, Giorgione et Raphaël. C’est la modernité qui choque. Une femme nue s’assoit avec deux jeunes hommes vêtus à la mode du temps, sous une lumière dure, dans un sous-bois à la perspective volontairement irréaliste. Le tableau lui vaut une « célébrité de carnaval » qui le suivra pendant presque toute sa carrière.1

1865, Olympia

Deux ans plus tard, Olympia aggrave les choses. Une femme nue, allongée, regarde le spectateur droit dans les yeux. Une lumière éclatante aplatit les formes. Le public et la critique jugent le tableau indécent.1 En 1907, l’homme d’État Georges Clemenceau le fera entrer au Louvre.1

« Zola voyait en Manet un représentant de tous les artistes importants qui commencent par heurter l’opinion publique. »

Encyclopaedia Britannica

Les amis des Batignolles

En 1867, le jeune romancier Émile Zola le défend dans un long article. Manet le remercie en peignant son portrait. En 1870, Henri Fantin-Latour peint A Studio at Batignolles. Manet y est à son chevalet, entouré de Zola, Renoir, Monet et Bazille.1

Manet rencontre Berthe Morisot au Louvre et peint souvent son portrait. Elle épousera plus tard son frère Eugène.1 En 1874, il peint sur les bords de la Seine avec Claude Monet.1 Cet été-là, il peint également la famille de Monet dans son jardin à Argenteuil.

Édouard Manet, The Spanish Singer, 1860
Édouard Manet, The Spanish Singer, 1860. The Metropolitan Museum of Art, New York, don de William Church Osborn, 1949. Domaine public.
Édouard Manet, The Railway, 1873
Édouard Manet, The Railway, 1873. National Gallery of Art, Washington. Domaine public.

Manet et les impressionnistes

Manet est l’ami de Monet et des autres, mais il n’expose jamais dans leurs expositions indépendantes. Il continue d’envoyer ses tableaux au Salon officiel.1 Il relie la peinture ancienne à la nouvelle, sans faire partie du groupe. Pour découvrir d’où vient le nom du mouvement, lisez notre article sur l’impressionnisme.

Édouard Manet, The Monet Family in Their Garden at Argenteuil, 1874
Édouard Manet, The Monet Family in Their Garden at Argenteuil, 1874. The Metropolitan Museum of Art, New York, legs de Joan Whitney Payson, 1975. Domaine public.

Le dernier grand tableau

En 1880, la maladie qui l’emportera atteint ses jambes. Au Salon de 1882, il présente A Bar at the Folies-Bergère. Une serveuse nous fait face. Derrière elle, un miroir reflète la foule et un client, comme si nous occupions sa place.1

Britannica juge l’œuvre radicale pour la façon dont elle efface la frontière entre le spectateur et ce qu’il regarde.1 C’est sa dernière grande contribution à la peinture moderne. Il meurt à Paris au printemps suivant, à cinquante et un ans.1

La toile Nurse in Stillness de Casopra au-dessus d’une chauffeuse en velours dans un élégant vestiaire gris
Sur l’image : Nurse in Stillness, une toile Casopra.

Un portrait à la maison

Manet aimait les visages qui soutiennent votre regard. Un portrait donne à la pièce une présence, comme un invité qui ne s’en va jamais.

Accrochez-le à hauteur des yeux, là où l’on s’assoit ou s’arrête, pour croiser son regard. Un vestiaire, un coin lecture ou un palier s’y prête.

Les toiles de cet article

Visages peints

Quatre portraits aux touches visibles dans l’esprit du Paris moderne.

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