La toile Swift Dawn de Casopra au-dessus d’un canapé jaune safran dans un salon gai aux tons blanc chaud

Couleur · 3 min de lecture

Jaune indien : était-il vraiment fabriqué à partir d’urine de vache?

juillet 2026

Écouter l’article3 min

Le jaune indien était un pigment lumineux à l’origine singulière : on disait qu’il provenait de l’urine de vaches nourries aux feuilles de manguier. L’histoire a tout d’une légende. Puis des scientifiques se sont penchés sur les preuves.

Une seule lettre, datée de 1883

En 1883, T. N. Mukharji se rend à Monghyr, au Bihar, pour voir comment on fabrique le pigment appelé piuri. Il en donne une courte description dans une lettre publiée par la Society of Arts, à Londres.1

Il décrit des laitiers établis à Mirzapur, en périphérie de la ville, qui donnent à leurs vaches « uniquement des feuilles de manguier et de l’eau ». On recueille l’urine toute la journée dans de petits pots de terre cuite. Le soir, on la chauffe jusqu’à ce que le jaune se dépose, puis on forme des boules avec le dépôt et on les sèche au-dessus du charbon de bois, puis au soleil.1

« Les vaches semblaient toutefois en très mauvaise santé. »

T. N. Mukharji, Journal of the Society of Arts, 1883

Légende ou réalité?

Une seule lettre de témoin constitue une preuve mince, et le récit est longtemps resté difficile à vérifier. Pouvait-on vraiment tirer une peinture de feuilles de manguier et d’urine?

Ce que montrent les analyses

En 2018, Rebecca Ploeger, chercheuse en conservation à SUNY Buffalo State, et ses collègues annoncent de nouveaux éléments qui corroborent cet étonnant témoignage du XIXᵉ siècle. Leur principal indice est l’acide hippurique, une substance associée à l’urine, détectée dans des échantillons du pigment.2

« La découverte de l’acide hippurique appuie les témoignages du XIXᵉ siècle selon lesquels l’urine entre dans la fabrication du jaune indien », explique Ploeger. Les résultats paraissent dans la revue Dyes and Pigments.2

Les analyses confortent donc le récit. Elles ne permettent toutefois pas de savoir à quel point la pratique était répandue ni comment les vaches se portaient réellement.

Radha et Krishna se promènent dans un bosquet fleuri, peinture de Kota vers 1720, les amants parmi les arbres en fleurs et les oiseaux au coucher du soleil
Le maître de Kota, Radha et Krishna se promènent dans un bosquet fleuri, vers 1720. The Metropolitan Museum of Art, New York, fonds Cynthia Hazen Polsky et Leon B. Polsky, 2003. Domaine public.

La lumière chaude de la peinture indienne

La peinture de cour indienne est connue pour l’éclat de ses couleurs. Dans cette scène, les amants se promènent au coucher du soleil parmi les arbres en fleurs et les oiseaux. Pour reprendre l’idée du Met, la nature fait écho à la passion humaine.3

Cette image illustre la chaleur de la palette. La présence de jaune indien dans l’œuvre reste à établir.

Chaque pigment a son histoire. Certains sont précieux, comme l’outremer. D’autres sont dangereux, comme le vert de Scheele, ou troublants, comme le brun de momie.

La toile Wings of Color II de Casopra au-dessus d’un fauteuil jaune dans un coin lecture lumineux
Sur l’image : Wings of Color II, une toile Casopra.

Le jaune à la maison

Le jaune rappelle la lumière du matin. Une toile d’un jaune soutenu éclaire une pièce orientée au nord ou un couloir sombre. Associez-la à de l’indigo, du blanc ou du bois chaud.

Quant à nos toiles, elles sont imprimées avec des encres modernes, sans faire intervenir de vaches.

Les toiles de cet article

Jaune éclatant

Quatre toiles sur des fonds d’un jaune ensoleillé.

Découvrir la collection Oiseaux